langue normande

Le normand est-il une langue ou n’est-il pas une langue ? C’est une vaste question qui ne peut susciter qu’une seule réponse de normand ! Peut-être bien que oui, peut-être bien que non ! Pourtant et malgré l’idée reçue, certains ont un avis bien tranché sur la question.

A ceux qui se permettent de douter ou de ricaner de l’appellation de « langue » associé au normand et à la région, préférant n’y voir qu’un vulgaire et banal patois, les spécialistes rétorquent bon nombre d’arguments. Décidément, la langue n’a pas fini de faire parler d’elle !

Le Normand

Comme l’avance un universitaire et spécialiste du sujet, Jacques Mauvoisin, ancien président de l’association de Défense et de Promotion des langues d’OIL Oui ! « le normand est une langue à part entière ». Il mentionne; entre autres et pour justifier ses propos, l’existence d’une soixantaine de dictionnaires et glossaires normands, étant la preuve d’un vocabulaire riche. Mais la langue normande c’est également une longue histoire qui nous entraîne au-delà de nos frontières pour braver le froid. En effet l’apport scandinave à la langue normande durant les invasions vikings et ces normands venus du nord ne fait plus aucuns doutes et il se retrouve particulièrement dans le vocabulaire maritime. La langue norroise qui est une langue germanique parlée par les anciens peuples scandinaves, ancêtres des langues nordiques, cette langue norroise aurait été pratiquée dans le Duché de Normandie pendant un peu plus d’un siècle (à Bayeux au XIe siècle, une université y était dédiée) pour se fondre rapidement aux langages « romans ». Durant vos balades et détours dans la région, attardez-vous sur les noms des villes et villages et trouvez des traces de la langue norroise à travers les terminaisons comme -tot (ferme), -thuit (essart), -bec (ruisseau)… un rien de norrois, beaucoup de roman et on obtient notre normand !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là et jusqu’au milieu du XIVe siècle le normand, langue norroise, est la langue officielle de la cour d’Angleterre. Et si vous vous demandiez d’où provenaient les mots cat, fork, candel, etc…, vous avez votre réponse. La langue normande va jusqu’à « s’exporter ». Dans les îles anglo-normandes et particulièrement à Jersey, elle n’est autre qu’une véritable institution soutenue par des médias et structures spécifiques et plusieurs centaines d’élèves s’y sont déjà collés.

La langue normande

Mais alors comment définir la langue normande, puisque comme toute langue, elle n’est pas uniforme et présente des variantes phonétiques ? C. Joret, linguiste, propose une solution. Il tente d’établir une ligne de distinction entre les parlers du nord et ceux du sud de la Normandie, en créant la ligne dite « Joret ».

Dés lors, il est convenu d’appeler « langue normande », l’ensemble des parlers utilisés au nord de cette ligne et « normand du sud », ceux issus de la moitié méridionale. Nulle question de voir par là une coupure entre deux territoires, seulement une séparation artificielle nécessaire entre deux communautés humaines. Jacques Mauvoisin, tente de schématiser les choses en désignant « une Normandie germanisée et maritime au nord de la ligne » correspondant à « une Normandie gallo-romaine et terrienne au sud ».

Mais d’ici ou d’ailleurs, le normand est riche de ses variétés et de ses différences internes au même titre que la Normandie qui est une région riche, variée et abondante. Parler d’une langue normande, du normand, n’exclut pas l’existence de plusieurs variantes au sein de cette même entité. Bref, du nord ou du sud de la région, le tout est de ne pas en perdre son latin !

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