Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Portrait Gustave Flaubert

Écrivain français (Rouen 1821 – Croisset 1880) , Gustave Flaubert grandit dans le cadre de l’Hôtel-Dieu de Rouen dont son père fut médecin-chef (il y acquit peut-être « ce coup d’œil médical de la vie » qu’il préconisera plus tard), il partagea l’exaltation romantique de sa génération et se passionna très tôt pour la littérature, oscillant déjà entre un réalisme caricatural, qui s’en prend à la « sottise bourgeoise » (Le Dictionnaire des idées reçues, posthume de 1911), et l’exaltation sentimentale comme dans Les Mémoires d’un fou en 1837-1838, récit autobiographique où il prenait, sans goût, des études de droit à Paris (où il rencontre Victor Hugo), il fut atteint d’une maladie nerveuse qui l’obligea à se retirer dans sa propriété de Croisset, près de Rouen en 1846.

Désormais son labeur d’écrivain ne fut plus interrompu que par quelques séjours à Paris (liaison avec la poétesse Louise Collet), de grands voyages, notamment en Orient de 1849 à 1851 avec Maxime Du Camp, et la rédaction d’une volumineuse Correspondance avec ses amis, L. Bouilhet, Gautier, George Sand et plus tard, Daudet, les Goncourt ou Maupassant. L’œuvre de Flaubert, dans sa dualité, correspond bien aux « deux bonshommes distincts » qui se disputent en lui, « un qui est épris de lyrisme, [...] de toutes les sonorités de la phrase; un autre qui fouille le vrai tant qu’il peut, [...] qui voudrait vous faire sentir presque matériellement les choses qu’il reproduit », Ainsi, l’inspiration romantique domine dans Salambo en 1862, roman carthaginois, dans La Tentation de Saint Antoine de 1849-1856-1874, et dans Hérodias ou La Légende de Saint Julien L’Hospitalier (qui appartient au recueil Trois Contes en 1877).

Pourtant, même dans ces récits aux images somptueuses, à la prose éclatante, apparait le souci de vérité historique (obtenue par une scrupuleuse enquête documentaire) si remarquable dans les œuvres « réalistes »: Madame Bovary en 1857, L’Éducation Sentimentale en 1869 ou le roman satyrique Bouvard et Pécuchet (inachevé) en 1881. C’est pour acquérir « cette vue du vrai » que Flaubert observe l’âme humaine « avec l’impartialité qu’on met dans les sciences physiques », car « le grand art est scientifique et impersonnel ». Pour atteindre cette objectivité nécessaire, il faut donc « se transporter dans les personnages et non pas les attirer à soi ». Reproduire la réalité n’est cependant pas suffisant pour l’artiste; ce qui importe, c’est de « partir du réalisme pour aller jusqu’à la beauté ». Pour Flaubert, « plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus, et plus c’est beau ». D’où ces « affres de style » que connaît l’écrivain, recherchant la propriété des termes par d’innombrables retouches et éprouvant l’harmonie de son texte par l’épreuve du « gueuloir » pour s’adonner avec passion à la « recherche par dessus tout de la beauté ».

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